
Il ressemble en tous points à un cahier de dessin, mais malgré cette apparence anodine, c'est un artefact ayant appartenu autrefois à l'Anomalie des Frontières, et possédant une partie de ses pouvoirs.
Il est transmis de génération en génération dans la famille royale Oëdrienne depuis plusieurs siècles, mais nul ne sait comment elle a pu mettre la main sur un tel artefact. Peut-être un cadeau de l'Anomalie des Frontières, ou alors l'aurait-elle obtenu de manière un peu plus frauduleuse...
Lorsque l'on tient le carnet entre ses mains, n'importe qui peut ressentir l'intense énergie qu'il renferme. En feuilletant ses pages, on se rend compte qu'il y a des dessins sur certaines d'entre elles, chose étrange quand on sait que les dessins disparaissent après s'être matérialisés. Beaucoup représentent des scènes de la vie de tous les jours, avec un trait très enfantin. On remarque que ce sont souvent les mêmes personnes : une jeune femme aux longs cheveux châtains vêtue d'une robe bleue, un garçon aux cheveux blancs, un autre aux cheveux noirs, et enfin un dernier aux cheveux roses. Sur chacun d'eux, une attention toute particulière est portée au petit garçon aux cheveux roses ; celui ou celle qui dessinait devait tenir à ce qu'il soit bien représenté.
Le dernier dessin met en scène l'enfant aux cheveux noirs, avec un livre (ou un cahier ?) entre les mains, et à côté de lui, le garçon aux cheveux roses. Ils sont représentés devant un bâtiment que l'on voit assez fréquemment sur les autres dessins, ainsi qu'à côté d'un arbre. On peut remarquer que des noms ont été rajoutés après coup. En observant un peu le dessin, on devine qu'il s'agit de l'écriture d'une tout autre personne : les traits des dessins sont abrupts et peu délicats, tandis que celle-ci possédait une belle écriture raffinée, bien que l'on devine un âge peu avancé à la vue de l'irrégularité de certaines lettres.
Au-dessus du garçon aux cheveux roses, il est écrit « Keïan », et au-dessus de l'autre, le nom avait été barré. Mais en regardant les traces de coups de crayon sur la page du dessous, on peut lire « Ozymandias ».
Tout ce qui est dessiné dedans en sort, mais ce qui est fascinant, c'est que l'utilisateur n'a pas besoin d'être un bon dessinateur. Il suffit simplement qu'il imagine correctement ce qu'il veut créer, et qu'il ait un « sens » pour les lois du monde. Autrement dit, il est possible de créer un engin volant, à condition que celui-ci soit capable de voler d'après ce que l'utilisateur a imaginé. Ainsi, donner cet objet à un ignare ne le rendra pas bien dangereux... Mais entre les mains d'une personne instruite, c'est un objet redoutable.